Le Forum Alternatif Mondial de L’eau #FAME2022 débute aujourd’hui

Tous les trois ans, le Conseil mondial de l’eau organise le Forum mondial de l’eau. Le nom de ce forum n’est pas juste, car il s’agit d’un forum pour les entreprises privées de l’eau. Le Conseil mondial de l’eau est un lobby privé formé par les principales multinationales de l’eau, comme Agbar, Suez et Veolia, qui promeuvent la privatisation et la dérégulation des services publics d’eau et d’assainissement dans le monde.

C’est la raison pour laquelle les organisations et les personnes qui se battent pour que l’accès à l’eau soit un droit humain et un bien commun, organisent un contre-sommet appelé Forum alternatif mondial de l’eau (AWWF/FAME) pour chaque Forum mondial de l’eau. Nous travaillons dans un cadre commun qui considère l’eau comme un droit humain et un bien public non commercialisable. Et nous comprenons qu’un Forum mondial pour discuter des principales questions et problèmes liés à l’eau ne peut être coopté par des intérêts privés ou ignorer la participation des citoyens et, surtout, des communautés les plus touchées par le manque d’accès à l’eau.

Après le premier Forum de l’eau en 1997 au Maroc, le Forum mondial revient sur le continent africain, cette fois dans la capitale du Sénégal, Dakar. A l’annonce du forum officiel, les organisations locales et régionales se sont rapidement mobilisées pour organiser le forum alternatif (FAME). L’objectif de ce #FAME2022 est d’unir les efforts du monde entier pour garantir le droit à l’eau et protéger les ressources en eau, notamment pour les populations souffrant de pauvreté et d’exclusion sociale. Le #FAME2022 abordera les défis d’un accès sûr et abordable à l’eau, ainsi que le changement climatique et la gouvernance démocratique de l’eau.

Le programme du #FAME2022

Le FAME 2022 se tiendra du 21 au 25 mars. Il débutera par une grande manifestation populaire pour montrer notre rejet des politiques de privatisation et de spoliation de l’eau que subissent la ville et le pays sénégalais. Le 22 mars, #WorldWaterDay, il y aura une grande ouverture et une conférence de presse internationale, avec le soutien du rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’eau et à l’assainissement et du maire de Dakar. Du 22 au 25 mars, il y aura plusieurs sessions plénières, des ateliers et des événements culturels et artistiques. On notera en particulier les réunions stratégiques pour la création d’un réseau africain de justice de l’eau. Le programme complet du forum est disponible ici.

Compte tenu des circonstances de la pandémie, le FAME 2022 à Dakar aura un format hybride pour permettre une participation virtuelle. Ne manquez pas l’opportunité de suivre le forum virtuellement. Inscrivez-vous à ce lien.

De la Bretagne à la Méditerranée, notre eau est en mauvais état

Partout en France, notre eau est en mauvaise santé. Peu intéressés par le sort des rivières, les gouvernements ne se sont pas attaqués au vrai problème : l’agriculture industrielle. Résultat, les consommateurs payent le prix fort.

L’eau, c’est la vie... mais que se passe-t-il quand notre eau n’est plus vive ? Nos rivières et nappes souterraines sont mal en point. Malgré des décennies de politiques ambitieuses, malgré des programmes d’actions touffus et des opérations tous azimuts, leur état ne s’arrange pas, ou si peu. Qu’est-ce qui cloche ?

L’Union européenne se préoccupe pourtant depuis longtemps de la qualité des eaux. En 2000, constatant leur état déplorable en Europe, Bruxelles a poussé pour l’adoption d’une directive-cadre volontariste sur le sujet : elle imposait aux États d’agir pour que les cours d’eau, les nappes, les lacs et les eaux littorales soient en « bon état », d’ici à 2015. Par « bon état », elle entendait une eau de bonne qualité, sans pollution (« bon état chimique » dans le langage de la Commission), en quantité suffisante — notamment pour les eaux souterraines — et des milieux en bonne santé, accueillant poissons et autres organismes aquatiques (le « bon état écologique »).

Las, quinze ans plus tard, les progrès étaient minces : moins de 40 % des eaux de surface étaient en bon état chimique, idem pour l’état écologique. L’Europe a donc accordé un généreux délai aux dirigeants : ils ont à présent jusqu’en 2027 pour atteindre le Graal.

La France y parviendra-t-elle ? En 2019, les Agences de l’eau ont dressé un bilan de l’état de leur bassin. Elles ont examiné les rivières et les plans d’eau, analysé les eaux littorales, scruté les nappes, cherché nombre de substances chimiques, compté les animaux aquatiques. « On a collecté plus de 3 millions de données », précise Guillaume Choisy, directeur général de l’agence de l’eau Adour-Garonne. Tout ceci a permis de dresser un état des lieux de la santé de nos eaux. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas encourageant.

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Inondations en Belgique, Allemagne et Pays-Bas: ceci n’est pas une catastrophe naturelle

Article de Daniel Tanuro

Bruxelles, 17 juillet 2021

Au moment où nous écrivons, les terribles inondations qui ont frappé la Belgique, une partie de l’Allemagne et les Pays-Bas ont fait plus de cent morts. Des dizaines de milliers de gens ont dû être déplacés, ont tout perdu et resteront traumatisés à jamais. D’autres n’ont même pas eu cette « chance », hélas, et le grand nombre de personnes disparues (1300 en Allemagne) ne laisse malheureusement pas de doute: au final, le bilan macabre sera beaucoup, beaucoup plus lourd. Les dégâts matériels sont immenses, sans parler des impacts en termes de pollution des eaux et des sols (par les hydrocarbures, les métaux lourds, les PCB, les plastiques, les eaux d’égout, etc.).

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L’accès à l’eau, un enjeu crucial pour le nucléaire

Pour fonctionner, l’industrie nucléaire a besoin d’eau froide. Dès son origine, elle s’est assuré l’accès à de grands volumes de cette ressource, mais la multiplication des évènements climatiques extrêmes révèle la fragilité de la filière par rapport au débit des cours d’eau et aux limites réglementaires de température.

C’est un fait un peu oublié: l’eau est indissociable de l’industrie nucléaire. Tout réacteur thermique a besoin d’un apport continuel en eau froide pour reconduire à l’état liquide la vapeur qui sort d’une turbine et poursuivre le processus de production d’énergie. C’est pour cette raison que les centrales nucléaires sont très majoritairement situées en bord de mer ou de fleuve au débit important. Toutes les centrales relâchent, dans le processus de refroidissement, une part importante de l’énergie produite sous forme de chaleur, soit dans l’eau vers l’aval des fleuves ou en mer, soit dans l’air.

L’enjeu ici n’est pas la sûreté des installations, mais la possibilité même de produire de l’électricité. En amont du circuit de refroidissement, un débit trop faible ou une température trop élevée ne permettent pas de refroidir suffisamment le circuit secondaire. En aval, quand l’eau de refroidissement est rejetée, la réglementation environnementale impose aussi un débit et une température donnés pour maintenir des conditions vivables pour la faune et la flore aquatiques, mais aussi, plus prosaïquement, pour maintenir le « bon état écologique » en diluant suffisamment les rejets de toute sorte. 

Rapport de 2018 du CCR
Rapport de 2018 du JCR

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Pétition déposée devant le parlement européen contre les bassines pour irriguer le maïs dans le Marais Poitevin

 

Réserves de substitution pour l’irrigation agricole, une nouvelle menace pour le Marais Poitevin et une violation grave et récurrente du droit européen

Considérant les directives européennes suivantes, et leurs transcriptions en droit français,

  • Directive n°91/676/CEE du 12/12/91 ayant pour objectif de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, ou Directive Nitrates,
  • Directive n°92/43/CEE du 21/05/92 modifiée concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, ou Directive Habitats,
  • Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau, ou Directive cadre sur l’Eau - DCE 2000,
  • Directive 2004/35/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 avril 2004 sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux, ou Directive Dommages Environnementaux,
  • Directive n°2006/118/CE du 12/12/06 sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration qualitative, ou Directive Eaux Souterraines,
  • Directive n°2008/56 CE du 17/06/08 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre « stratégie pour le milieu marin »,
  • Directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 prise par l’Union européenne afin de promouvoir la protection et la gestion des populations d'espèces d’oiseaux sauvages du territoire européen, ou Directive Oiseaux,
  • Directive 2020/2184 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, ou Directive de Qualité de l’Eau Potable

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