Eau publique, eau d’avenir: L’expérience mondiale de la remunicipalisation

L’Observatoire des multinationales et six partenaires européens ont publié le 29 juin 2015 la version française d’un livre pionnier sur la remunicipalisation dans le monde : Eau publique, eau d’avenir. L’expérience mondiale de la remunicipalisation. Cet ouvrage unique en son genre associe des chercheurs, des dirigeants de services publics de l’eau, des syndicalistes et des militants de la société civile.

La version anglaise de l’ouvrage, publiée en avril 2015 à l’occasion du Forum mondial de l’eau de Séoul, a montré qu’au cours des quinze dernières années, au moins 235 cas de remunicipalisation de l’eau ont eu lieu dans 37 pays, affectant plus de 100 millions de personnes dans le monde. Le rythme de la remunicipalisation connaît en outre une accélération marquée, puisque le nombre de cas a doublé sur la période 2010-2015 par rapport à la période 2000-2010.

« La publication de la version française de notre livre a une grande importance symbolique, car la France a longtemps été le bastion de la gestion privée de l’eau », explique Satoko Kishimoto, du Transnational Institute, principale éditrice de l’ouvrage. « La France est aussi le pays d’origine des plus grandes multinationales du secteur. Mais, récemment, elle est devenue l’épicentre d’une vague globale de remunicipalisation de ce service public. »

Lire la suite sur le site web multinationales.org

Quelle démocratie pour la gestion de l’eau au sein de l’UE ?

Compte-rendu de l'atelier de l'European Summer University for social movements du vendredi 22 août 2014, 9h30-12h00

Résumé

L’atelier est organisé par l’European Water Movement. Il présente ce qu’est la participation du public définie dans la Directive Cadre sur l’Eau et comment elle est mise en œuvre dans différents Etats de l’UE. Il présente aussi les outils de démocratie directe (référendum local ou national, Initiative Citoyenne Européenne) utilisés par les mouvements pour l’eau et en tire un bilan. Enfin des propositions et initiatives pour une véritable démocratie directe et participative sont discutées.

Intervenant(e)s

Annelies Broekman (XNCA), Josep Ribera (XNCA), Jutta Schuetz (Aquattac), Marc Laimé (Consultant, France), Renato di Nicola (Forum italiano dei movimenti per l’acqua), Claus Kittsteiner (Berliner Wassertisch), Yiorgos Archelontopoulos (SOSte to Nero), Henri Coing (Observatoire parisien de l’eau), Kostas Nicolaou (Initiative K136).

Lire la suite...

Critique de l'économie politique de l'eau et alternative collaborative

Selon que l'on considère l'eau, et en général, l'accès à l'eau et l'assainissement, comme un bien commun, un bien social et un droit humain fondamental, ou à l'opposé, comme une marchandise et/ou un moyen permettant d'imposer les citoyens, la politique de gestion sera différente: elle sera privée, publique ou sociale, et reposera ou non sur la participation démocratique des citoyens et des travailleurs[1].

La gestion privée de l'eau existe dans le monde entier et ses conséquences sont maintenant connues: dégradation de la qualité de l'eau, augmentation des fuites d'eau, détérioration des infrastructures et augmentation des prix[1][2]. Les conséquences de la gestion publique, sociale ou communautaire, fondée sur la coopération entre les collectivités locales ou régionales, les coopératives, les syndicats et autres collectifs communautaires sont également connues: implication effective des citoyens, qualité renforcée des services et prix plus bas[1][3].

Lire la suite...

Eau et Services de l'Eau dans CETA

[ Traduction du chapitre "Water and Water Services" de "Making Sense of the CETA" écrit par Stuart Trew, Canadian Centre for Policy Alternatives ]

Points principaux

Sauf indication contraire, tous les Articles, Annexes et Appendices référencés dans cette section renvoient à la version définitive d'août 2014 du premier texte de CETA d'abord divulgué par la station radio allemande ARD et disponible maintenant sur http://eu-secretdeals.info/ceta

Le traitement de l'eau et des services de l'eau dans les accords du commerce international demeurent un problème controversé à l'échelle planétaire. Alors que les traités d'investissement et de commerce comme CETA (Canada-EU Trade Agreement, en français Accord Économique et Commercial Global) sont conçus pour régir la fourniture de biens et services et la réglementation de ceux-ci, basés sur les principes du libre marché, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est considéré comme un droit humain élémentaire par les Nations Unies, assuré par les gouvernements ou d'autres entités à but non lucratif.

Lire la suite...

Le tuyau

el tubo

“L'Algérie a projeté de faire un transfert d'eau depuis le Rhône ou depuis le Rhin pour «étancher la soif du désert», en considérant qu'elle «chauffe l'Europe» avec le gaz qu'elle envoie au continent à travers les gazoducs et qu'elle a droit à recevoir le même traitement.”

Forum Mondial de l'Eau, 19 avril 2011.

Quand nous nous sommes rendu compte de son importance, nous avions déjà deux cent millions de personnes raccordées et de son eau dépendaient quatre pays. La réalisation avait commencé comme un transfert d'eau du Rhône, chose qui nous fit rire, vu que cette eau était destinée à une zone (la Catalogne) qui avait ses usines de désalinisation arrêtées par manque de demande. Cela semblait une de ces constructions superflues et monumentales avec lesquelles le gouvernement accorde des faveurs aux groupes économiques qui le soutiennent, mais cela avait une autre signification : l'arrivée du Rhône à Barcelone a permis d'amener l'Ebre à Alicante et le Júcar au sud de l'Espagne, ensuite les trois bassins se sont interconnectés et il a été rendu impossible de distinguer la provenance de l'eau, on disait simplement qu'elle provenait du «tuyau». Le tuyau a continué à s'étendre jusqu'au Moyen Orient : Le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et le Liban se sont raccordés au tuyau qui s'est mis à avancer vers la Mésopotamie avec comme prétexte l'échange de ressources énergétiques contre de l'eau. La libre concurrence du gaz et du pétrole avec l'eau a permis de maintenir une certaine stabilité des prix pendant un temps; mais de façon occulte les entreprises du «tuyau» et celles de l'«énergie» ont fusionné ou se sont absorbées les unes les autres. Il s'est produit une envolée des prix : les moyens de faire individuellement des économies ont diminué avec l’augmentation du prix du droit de raccordement. Plus les énergies fossiles s'épuisaient, plus l'eau devenait chère. Les pays continuaient à maintenir l'apparence de démocraties parlementaires de la même manière que l'entreprise du «tuyau» conservait les marques distinctes d'eau et d'énergie, simulant que des entreprises étaient en concurrence les unes avec les autres. Le coût de l'eau arriva à dépasser la moitié du salaire d'un travailleur moyen. Le capitalisme s'était ré-inventé lui-même : nous étions esclaves du tuyau.

Traduction en français d'une petite fiction écrite par Xarxa per una Nova Cultura de l'Aigua