La culture des bulles d'eau

Commentaires sur le Blueprint et la révision de la PAC

Le contexte

Alors que les deux tiers des experts spécialisés dans l'agriculture et l'eau, venant de tous les États membres, la Commission Européenne, et d'autres parties prenantes étaient d'accord pour dire que « la conditionnalité réciproque doit être renforcée, élargie et mieux respectée, afin d 'entraîner des effets positifs sur le plan écologique et d'atteindre les objectifs de la Directive Cadre sur l'Eau »[1], la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) n'a proposé aucune mesure pertinente.

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La gestion et l'usage de l'eau en agriculture

Avis du Conseil Economique Social et Environnemental
Journal officiel de la république française - Avril 2013

La terre ne se cultive pas sans eau, l’eau ne se gère pas sans la terre. Conditionnée par son grand cycle naturel (précipitations, évaporation, ruissellement, infiltration...), les liens entre l’eau, les sols et donc l’agriculture, sont indissociables. Depuis des siècles, les agriculteurs aménagent l’espace pour gérer l’eau et améliorer leurs conditions de production.

Même si une multiplicité d’autres facteurs entre en compte, les mutations contemporaines des modes de production agricoles ont des conséquences sur le cycle naturel de l’eau et sur les équilibres de la ressource. L’occupation de l’espace rural et les procédés d’exploitation des terres influencent la quantité et la qualité de l’eau disponible sur un bassin versant. Les relations entre l’eau et l’agriculture constituent donc un enjeu majeur de société.

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Notre droit à l'eau

En juillet 2010, l'assemblée générale des nations unies a adopté la résolution 64/292 reconnaissant le droit humain à l'eau et l'assainissement.

Plusieurs rapports utiles sur le droit à l'eau et la privatisation:

1. Afin que ce droit nouvellement reconnu soit utilisé comme un outil par les mouvements sociaux et les communautés, Maude Barlow (Council of Canadians and Blue Planet Project) a écrit et publié le rapport: Notre droit à l'eau: Un guide des peuples pour la mise en oeuvre de la reconnaissance par les nations unies du droit humain à l'eau et l'assainissement (disponible en EN, FR, ES, PT).

2. Le rapport Water=Life: How privatization undermines the Human Right to Water par Food & Water Watch donne un aperçu des différentes manières qu'ont les objectifs financiers des opérateurs privés d'eau d'entrer en conflit avec le droit humain à l'eau.

3. Le rapport What does the Right to Water Mean? explique ce que signifie le droit à l'eau pour les exclus.

Alternatives pour l'Eau

« Partout dans le monde, l’eau devient une denrée rare. C’est pourquoi nous voulons contrôler les sources »

Helmut Maucher, Directeur général de Nestlé 1990 – 1997

Le WRG (Water Resources Group, ou Groupe des Ressources en eau) a été constitué en 2008. Cette initiative lancée par Nestlé, Coca Cola, Pepsi et l’International Finance Corporation (IFC, ou Société financière internationale, une filiale de la Banque Mondiale) a pour objectif de “transformer le secteur de l’eau” en introduisant le secteur privé dans un service qui était jusque là un service public. Bien que, d’après le Compliance Advisor Ombudsman de l’IFC, 40% des plaintes reçues de toutes les régions du monde soient liées au problème de l’eau, et malgré les appels lancés en Europe, et surtout en France, en Italie et en Allemagne, par des mouvements sociaux très importants qui demandent que l’eau redevienne un bien public, la Banque Mondiale et l’industrie de l’eau en bouteille se sont unies pour promouvoir la privatisation de l’eau par des partenariats public-privé. Pourtant, ni Nestlé, ni Coca Cola ni Pepsi n’ont de compétences en matière de distribution d’eau ou d’assainissement. De plus, les uns comme les autres doivent faire face à des batailles juridiques et aux critiques de citoyens des endroits où ils ont pris le contrôle de l’eau. On a tous entendu parler des problèmes de Coca Cola en Inde et de Nestlé aux USA. Dans le “Briefing Report” de 2012 destiné au Forum économique mondial (1), où il donne une analyse assez juste, il est vrai, de la problématique de l’eau dans le monde, sans jamais oublier aucun des grands problèmes qui se posent un peu partout, le WRG omet cependant de mentionner la part que joue l’industrie de l’eau en bouteille dans ces problèmes. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer les faits suivants:

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De l’eau pour le climat – un nouveau paradigme de l’eau

Présentation du livre "Water for the recovery of the climate: a new water paradigm" en accès libre sur le site web de waterparadigm.org

L’eau disponible dans la nature circule selon des cycles qu’on appelle grand et petit cycles de l'eau. En transformant systématiquement les territoires naturels en terres cultivées, l’activité humaine accélère le ruissellement des eaux de pluie vers la mer. La diminution de l’évaporation et de l’infiltration de l’eau dans le sol affecte négativement l'approvisionnement en eau du petit cycle de l’eau. L'équilibre du petit cycle de l'eau étant perturbé, il s'ensuit une dégradation progressive des terres.

S'il n'y a pas assez d'eau dans le sol, en surface et dans les plantes, les flux immenses d'énergie solaire qui ne peuvent plus se transformer en chaleur pour l'évaporation d'eau se transforment en chaleur sensible. La surface du sol s'échauffe rapidement ce qui provoque une rupture dans l'approvisionnement en eau à partir du grand cycle de l'eau sur le territoire affecté. Des processus locaux s’étendant sur de vastes zones habitées et exploitées par les êtres humains se transforment en processus globaux et en processus qui se produisent sans l’intervention des êtres humains. Tout cela crée le phénomène qu’on appelle changement climatique global. Ainsi, la part du changement climatique causée par les activités humaines repose en grande partie sur le drainage de l'eau de la terre. La perturbation du petit cycle de l'eau s’accompagne donc par l’apparition progressive de conditions météorologiques extrêmes, une diminution des réserves d'eau souterraine, des inondations plus fréquentes, des périodes de sécheresse plus longues et une augmentation de la pénurie d'eau dans la région.

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